Lyncéus Festival 2015

Les artistes

Camille Davin. Projet "Grèves" / Théâtre

Camille Davin vient d’Etables-sur-mer mais elle a débuté son aventure théâtrale dans les conservatoires municipaux parisiens des Halles et du XVème arrondissement. En 2009, elle crée la Compagnie ia et met en scène « Chère Elena Sergueïevna » de Ludmilla Razoumovskaïa . En tant que comédienne, elle travaille avec Léa Dant un théâtre de performances dans des CNARs et des festivals d’art de la rue « Avant de Partir » et « Les Portes de nos Mondes » (2010/2013). Elle joue avec la Compagnie Méliades et d’autres spectacles avec cette même compagnie,. Elle travaille avec Bénédicte Lasfargues un théâtre d’objets « La Cité Utopique » au Théâtre de la Commune à Aubervilliers, L’homme sans histoires 2013, de l’Autre coté 2014.

Pour le collectif Platok, elle met en scène Ne partez pas en guerre tout seul contre les foules, adaptation d’Ivanov de Tchekhov, jouée dans la région d’Angers et à Paris. Elle assiste Roland Timsit dans la Carte du temps de Naomi Wallace à Avignon (juil 2013).

Pour l’écriture dramatique, la rencontre avec Frédéric Sonntag en 2009 au Conservatoire du Centre autour d’une commande d’écriture a été décisive. En 2011, elle écrit « Ceux qui tombent », qui reçoit les Encouragements du Centre National du Théâtre. Depuis, le texte a été présenté sous forme de lectures au Théâtre de l’Opprimé, à la Loge puis représenté à La Loge et au Lucernaire à Paris. Publiée aux Presses Électroniques de France. Depuis, elle a écrit un autre texte, «Jardins Suspendus», finalisé en août 2014 lors d’une résidence d’écriture à la Métive. Elle écrit aussi pour d’autres compagnies, notamment pour la Compagnie Trama, « Sous la Chair » avec Léa Dant pour la Compagnie Théâtre du Voyage intérieur, et pour la Compagnie des Ondes.

Sébastien Depommier. Projet "Ganeoc'h Bepred" / Théâtre

SEBASTIEN DEPOMMIER, comédien et metteur en scène formé au Conservatoire National d’Art Dramatique (Promotion 2013). Il codirige la Cie Lyncéus depuis 2015. En tant que metteur en scène, il a notamment créé Caligula ou le joueur – Zarathoustra fragments en 2013, Ganeoch’ Bepred de Emmylou Mulhmatter en 2015, et A l’ouest de Clément Camar-Mercier, en 2016. Depuis sa sortie d’école, il travaille comme comédien dans plusieurs créations de Lena Paugam [Et dans le regard, la tristesse d’un paysage de nuit (2014), Laisse la jeunesse tranquille (2015), Au point mort d’un désir brûlant (2016)], ainsi qu’avec la compagnie Les Gentils ou encore avec la metteure en scène Muriel Vernet dont il accompagne le travail depuis une dizaine d’années.

Matthieu Gary - Fanny Sintès - Alice Zeniter. Projet "Passer par dessus bord" / Théâtre

Matthieu Gary

Diplômé du Centre National des Arts du Cirque en 2009, Il se nourrit de diverses expériences scéniques, membre du collectif Porte27 avec Vasil Tasevski et Marion Collé (2 créations; Issue01 et Mingus « en 2012) avec qui il développe l’art de la rencontre. Il est également interprète pour Arpad Schilling (The party, 2014, Urban Rabbits, 2010), Kitsou Dubois (Sous le vertige, 2011), Julie Bérès (Lendemains de fête, 2013), Guy Alloucherie (Les veillées, 2010), Marc Vittecocq (L’école, 2012), les Galapiats (Risque zéro en 2013), les Colporteurs (Le bal des intouchables, 2014).

Il crée en 2015 le spectacle CHUTE!, une conférence acrobatique de et par deux acrobates chuteurs où il développe un langage hybride entre le cirque, le théâtre et la danse.

Fanny Sintès

Co-fondatrice du Lyncéus festival (avec Aurélie Lemaignen et Léna Paugam), Fanny Sintès est comédienne et sait manier la corde lisse. Après des études au Studio Théâtre d’Asnières, au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique et au Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne, elle travaille avec Guy Pierre Couleau, Julie Beres, Olivier Fredj, Brigitte Damiens, Marc Vittecoq. On a pu la voir au cinéma dans le film de Bénédicte Pagnot Les lendemains. Depuis 2014 elle travaille avec Lena Paugam dans Et dans le regard, la tristesse d’un paysage de nuit et Au point mort d’un désir brûlant et Alice Zeniter dans Un Ours of cOurse. Elle crée la proposition Passer par-dessus bord avec Alice Zeniter et Matthieu Gary au Lyncéus festival 2015, et met en scène Anechoïcspeech avec Olivier Brichet ainsi qu’Effet Bekkrell avec son collectif de cirque, Le groupe Bekkrell.

Alice Zeniter

Née en 1986, est romancière et dramaturge. Elle a publié un premier roman à l’âge de 16 ans, « Deux moins un égal zéro », (Prix littéraire de la Ville de Caen) et un deuxième, chez Albin Michel, en 2010, « Jusque dans nos bras », récompensé par le prix de la Porte Dorée et le prix de la Fondation Laurence Trân. Sa large reconnaissance publique est venue avec « Sombre dimanche » qui a reçu le prix du Livre Inter en 2013, le prix des lecteurs de l’Express et le prix de la Closerie des Lilas. Elle a profité de son succès pour s’acheter une camionnette et vivre en nomade. Alice Zeniter écrit aussi pour le théâtre et a mis en scène deux de ses textes, « Un Ours, of cOurse » conte musical pour enfants et « L’homme est la seule erreur de la création » (Théâtre de Vanves), spectacles dans lesquels a joué Fanny Sintès. Elle travaille comme dramaturge auprès de plusieurs compagnies de théâtre et de cirque: Pandora, Kobalt, Porte 27 ou plus récemment les Cambrioleurs.

Simon Gauchet. Projet " Naufrage Utopique" / Performance

SIMON GAUCHET est né à Saint-Malo en 1987. Il travaille comme acteur, metteur en scène, scénographe et plasticien. Après avoir étudié à l’université Paris 7 et au Conservatoire du 5ème arrondissement de Paris, il entre à l’École Supérieure d’Art Dramatique du Théâtre

National de Bretagne dont il sort diplômé en 2012. Une fois il partit errer en Autriche sur les traces du fantôme de Werner Schwab, ou une autre fois plus à l’Est, en Indonésie et au Japon pour tenter de comprendre les fonctions du théâtre dans les cérémonies d’exorcisme. Il est le co-créateur du Jeune Théâtre-Laboratoire Européen, un espace de recherche et création artistique européen, de l’Ecole Parallèle Imaginaire une structure utopique mêlant transmission, expérimentation et production d’oeuvres et interrogeant la pédagogie en matière d’art. Il a également fondé le Mouvement M, un nouveau mouvement artistique européen dont le livre-manifeste « Le Mouvement M » est édités par les éditions Eskola P. Interno qu’il dirige par ailleurs.

Son travail plastique interroge fondamentalement et presque systématiquement la confrontation de l’artificiel et de l’organique, le point où la géométrie humaine se heurte à la géométrie de la nature, là où se joue le terrible combat des hommes contre les dieux. Il présente son travail dans différentes expositions personnelles et collectives qu’il conçoit et dans lesquels il invite parfois d’autres artistes.

En tant que metteur en scène et scénographe, il signe depuis 2004 une dizaine de travaux et de performances dans toute l’Europe. Depuis 2012, il travaille sur 7 études préparatoires dont la forme varie entre publication, exposition, performance, pièces chorégraphiques et théâtrales, afin de créer en 2016 l’oeuvre finale « Apocalypse Maintenant». Il collabore avec Daria Lippi sur la mise en place de laboratoires transdisciplinaires mêlant recherche théâtrale et recherche scientifique (Ecole du TNB / Université Rennes 1 – 2013). Il travaille également avec Eric Didry sur la création d’espaces scénographiques (Récits improvisés, Ecole du TNB, 2013). En tant qu’acteur, il travaille avec Eric Lacascade, Bruno Meyssat, Serge Tranvouez, Stanislas Nordey, Eric Didry, Yves-Noël Genod, François Tanguy, Thomas Jolly, Benjamin Lazar et Bernard Sobel.

En tant qu’écrivain, il fait partie du LAMA, un laboratoire d’auteurs/metteurs en scène/acteurs fondé par Roland Fichet. Il est l’auteur du «Manifeste de l’Acteur Alchimique» dont certains fragments ont été publiés en Estonie et en France.

François Hebert. Projet " Magma" / Film

François Hebert

Après cinq années de droit public, François Hebert se décide à apprendre comment raconter des histoires. En 2010, il entre à la Fémis (Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son) au sein du département scénario. Il est tout d’abordformé à l’ensemble des métiers du cinéma pendant un an, avant de commencer sa formation de scénariste à proprement parler. Durant sa scolarité, il écrit quatre long-métrages, des courts-métrages et une série télévisée. En 2013, il part étudier l’approche américaine du scénario à New-York au sein de la Columbia University, sous la direction d’Israël Horowitz. Une fois sorti de l’école, c’est en collaborant autant avec des gens de théâtre que de cinéma qu’il se lance dans la création d’œuvres cinématographiques tentant de réconcilier politique et poésie.

FICTION

(En tant qu’auteur-réalisateur)

Sourdingue (court-métrage, La Fémis, 2011)

Blancs cristaux –regards sombres (expérimental, 11′, co-réalisation avec Lara Hirzel)

Les bras invisibles (expérimental, 8′, co-réalisation avec Lara Hirzel)

Le looping oublié(expérimental, 7′, co-réalisation avec Lara Hirzel)

Ceux qui viennent (docu-fiction, 60′, co-réalisation avec Antonin Fadinard, 2015)

Aurore (court-métrage, en production)

(En tant que co-scénariste)

Tout bouge(réalisation Pauline Laplace –La Fémis, 2012).

Les dents de lait(réalisation Iris Chailloux –La Fémis, 2012).

Les révoltés de la CAF(réalisation Antonin Desse, La Fémis 2012).

X (réalisation Pierre Deschamps, La Fémis 2014)

Les morts et les vivants(réalisation Olivier Strauss, en cours de développement)

DOCUMENTAIRE

Amour et philosophie, discussion avec Jean Bollack(co-réalisation avec Pierre Deschamps)

Ces enfants bizarres (documentaire, 90′, en cours de montage.)

INSTALLATION VIDEO

Les passages secrets (co-réalisation avec Lara Hirzel)

Les yeux déserts (co-réalisation avec Léna Paugam)

Lena Paugam. Projet "Les Sidérées" - "20 Novembre" / Théâtre

LENA PAUGAM, metteure en scène et comédienne formée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique. Elle est artiste associée à La Passerelle, scène nationale de St-Brieuc. Elle a fondé la Cie Lyncéus en 2013 et a mis en scène Simon (d’après Tête d’Or de Paul Claudel), puis, Et dans le regard, la tristesse d’un paysage de nuit, d’après Les Yeux bleus cheveux noirs de Marguerite Duras et Détails de Lars Norén. En 2015, elle a monté Le 20 Novembre de Lars Norén et Laisse la jeunesse Tranquille de Côme de Bellescize. En 2016, elle signe un diptyque intitulé Au point d’un désir brûlant comprenant Les Sidérées d’Antonin Fadinard et Les Coeurs Tétaniques de Sigrid Carré Lecoindre. Elle vient d’achever un doctorat de recherche et de création initié en 2012 au sein du dispositif SACRe (Université PSL).

La programmation

*

Un film écrit et réalisé par François Hebert et Antonin Fadinard.

For the Kids at Home est un groupe de rock : du rock qui oscille entre blues anxieux, électrique et coléreux, pop sinueuse, un rien psychédélique et folk somnambule. Un groupe de rock composé, à l’origine, d’une fille, Jessica Buresi et d’un garçon, Paul Levis.

Un concert de Jessica Buresi et Paul Levis.

En 1904, une gare est construite au milieu de l’esplanade de la Banche, coincée entre le chantier naval et les cabines de bains. La ligne départementale Saint-Brieuc-Paimpol dessert alors la petite station de Binic et les voyageurs sont déversés sur le front de mer à l’ouverture des portes.

En 1928, Yoko Tani voit le jour à Paris. D’origine japonaise, elle grandit à Tokyo avant de revenir en France dans les années 50 pour y débuter sa carrière d’actrice. Elle acquiert une renommée internationale, notamment grâce au film de Ralph Thomas – Le vent ne sait pas lire, 1958 – et Les dents du diable de Nicholas Ray, sorti deux ans plus tard. Yoko Tani partage ses dernières années entre Paris et sa maison de Paimpol qui surplombe la mer. Elle décède à Paris en 1999 et est enterrée au cimetière de Binic aux côtés de son époux Roger Laforet. Ce dernier était un riche industriel, natif de Binic et associé au baron Marcel Bich, cofondateur de l’empire BIC. D’après certaines sources, il semblerait que le diminutif « BIC » ait été choisi pour rendre hommage au nom de son fondateur ainsi qu’à la ville de Binic d’où Roger Laforet était originaire. Yoko Tani repose donc sur les hauteurs de Binic, dans une petite chapelle ornée de l’épitaphe bretonne « Ganeoc’h Bepred » qui signifie « Toujours avec vous ».

En Japonais, le prénom Yoko a plusieurs significations, mais l’une des plus répandues est celle d’enfant-océan.

Le récit se déroule au sud du port de Binic, en contrebas de l’esplanade de la Banche, là où passaient les trains qui assuraient la liaison entre Saint-Brieuc et Paimpol au début du vingtième siècle. Les acteurs et les spectateurs feront ainsi face au front de mer, celui-là même que les voyageurs à destination de Binic embrassaient à leur arrivée en gare. L’espace sera délimité par les falaises rocheuses qui relient l’est de la Banche à la pointe de Bréhin.

La pièce fait revivre Yoko Tani le temps d’un été, elle arrive de sa maison de Paimpol par la ligne départementale de l’époque. En gare de Binic, elle croise différents personnages dont elle va sublimer les destinées. La rencontre avec Yoko Tani et Binic deviendra alors le point commun de ces personnages remplis d’utopies brisées et d’espérance. Ensemble, dans un ultime spectacle estival, ils s’efforceront de jouer la meilleure partition de leur existence.

Dans la société contemporaine où le temps semble n’avoir jamais été aussi précipité, il me semblait sensé de confronter un territoire avec un morceau de son histoire. Ce morceau, c’est Yoko Tani qui l’incarne. La faire revivre cet été, au milieu des Binicais de 2015, c’est

questionner la mémoire et la transmission. Aujourd’hui plus que jamais, je crois qu’il est essentiel de réactiver le souvenir des temps passés pour mieux comprendre le présent et essayer de construire l’avenir avec discernement et bienveillance pour les générations qui nous succéderont.

Dans une interview de 1960, Yoko Tani disait ceci : « Je suis non seulement une Japonaise, ou bien une Chinoise, une Indochinoise ou bien Hawaïenne, mais je suis avant tout une être humaine […] ; il faut aimer la terre plus que n’importe quelle chose ». L’amour de la terre et de ses habitants, c’est le projet utopique dont parle cette pièce à travers le récit de Yoko Tani et de Binic.

Dans le fond, nous sommes tous des enfants-océan.

Texte : Emmylou Muhlematter

Mise en scène: Sébastien Depommier

Avec: Fernanda Barth, Julie Roux, Zoé Schellenberg, Benjamin Wangermée et Mathurin Woltz.

Résumé :

C’est un homme qui marche le long de la mer avant d’ aller travailler, un ancien de la marine marchande qui refuse d’embarquer à nouveau mais ne se résout pas à rester à terre, dans un monde accéléré qui lui échappe. Il se réfugie le long du bord de mer, dans cet espace indéfini à l’intersection des mondes, pour tenter de se redéfinir lui-même à travers ses souvenirs et ses aspirations, et réinventer son monde. Les spectateurs deviennent les témoins actifs de son cheminement.

Note d’intention

Cette lisière entre terre et mer – au bord – où l’on voit mourir sans cesse ce qui a été, là où la mer se jette et retourne le sable dans le reflux de l’eau qui régénère, est précisément un espace d’utopie, car il est lieu de transformation possible entre le monde du réalisé terrien et celui du réalisable marin. C’est aussi le lieu que le héros choisit pour se déverser et dans lequel il peut à tout moment plonger, attiré vers la grande mer de l’inconscience, dans laquelle baigne la folie et la mort, non comme des fins mais comme des espaces de passage vers plus de beauté et de conscience.

Ce texte a été nourri d’histoires racontées par les binicais. comme un fil tissé entre les intimités silencieuses des habitants. Une quinzaine de personnes ont témoigné et m’ont livré leur souvenirs et leur sensations en lien avec la mer.

Le spectacle est conçu comme une déambulation de 40 minutes environ sur la plage de l’Avant-Port et jusqu’au phare. Il s’adresse à des groupes de 25 personnes maximum.

Un spectacle écrit et mis en scène par Camille Davin. 

Avec Fernanda Barth et Matthieu Saccucci.

Il y a 10 ans un homme qui s’appelle Jean-Baptiste Marongiu, critique littéraire et réfugié italien des années de plomb a écrit :

« Le corps n’est plus l’incarnation irréductible de soi mais une construction personnelle, un objet transitoire et manipulable susceptible de maintes métamorphoses selon les désirs de l’individu, un corps à soi. Le corps contemporain est devenu une sorte de brouillon à reprendre en permanence en mains, à travailler, suivant d’ailleurs une idéologie très puritaine au sens où il faut le «mériter». En changeant son corps, l’individu cherche à changer son existence. A travers les innombrables ateliers de transformation du corps, que ce soient les marques corporelles, le culturisme, les régimes alimentaires, la chirurgie esthétique, les salons de beauté, etc., il faut « changer » son corps pour être à la hauteur. Aujourd’hui, le corps devient un objet de création, de design. »

Je souhaite travailler sur la notion de « Corps contemporain », quels sont les mouvements que le corps a subi pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. J’entends par « Corps contemporain » la notion de corps déformé par le BESOIN d’être adapté à l’environnement qui l’entoure , quelles sont les formes de pression de la société qui influent sur les transformations individuelles et collectives, quelles DEFORMATIONS apparaissent, quelles formes prennent elles. Je prends l’invitation du LYNCEUS festival de Binic et sa proposition de thème : « Faire corps » comme la possibilité de créer un espace où le corps humain pourrait décider de retourner en arrière, faire corps avec la nature, recréer les liens et les formes de sa position initiale, ou originelle. Je propose de travailler sur la forme d’une installation vidéo et photographique déambulatoire à l’intérieur d’une maison ou d’un espace désaffecté. Je prends Binic, ses habitants, ses paysages comme matière première pour créer mes photos et mes vidéos. « Binic et ses corps contemporains ».

Un film écrit et réalisé par François Hebert.

La pièce Les Sidérées s’inscrit dans un cycle de créations mises en scène par Lena Paugam ayant pour titre : LES ETATS DU DESIR. Pour cette oeuvre, la metteuse en scène a commandé à Antonin Fadinard (qui joue dans la pièce) une histoire née d’une réflexion autour des trois soeurs de Tchekhov. Que seraient devenues Irina, Macha et Olga, aujourd’hui ? L’auteur présente un nouveau trio féminin, trois soeurs, ayant hérité d’une maison de famille à Binic, qui reviennent sur les terres de leur passé pour décider de leur avenir. La fiction de la pièce tient en une journée : que deviendra la maison ? Quels espoirs et quels rêves représente-t-elle ? Comment nous engageons-nous, quand il s’agit du devenir d’un territoire, dans les mailles tendues des problématiques socio-politiques en jeux en ce début de XXIe siècle ? Voilà ce à quoi elle nous invite à songer.

Texte : Antonin Fadinard
Mise en scène: Lena Paugam

Avec : Sebastien Depommier, Antonin Fadinard, Julie Roux, Fanny Sintès, Zoé Schellenberg, et Benjamin Wangermée

Film  réalisé dans le cadre du Lyncéus Festival 2015, Magma est une enquête sur les espaces imaginaires, sur leurs contours et leur capacité à se transformer.

« Depuis des centaines de milliers d’années, l’argile gisait au fond de cette grotte avant qu’elle se retrouve plissée dans un pot de terre cuit au feu, mais elle se retrouve une deuxième fois transformée, transportée, quand, de ce pot de terre au bout des doigts, s’extrait quelque surprenante figure anthropomorphe. Pourra t-on jamais figurer la stupéfaction de celui qui le premier se vit rendu capable de rencontrer un tel être ? »

Réalisation, montage : François Hebert

Avec : Zoé Schellenberg, Simon Gauchet, Glannon Tutard et Aurélie Lemaignen.
Musique : Victor Praud.

Production : Collectif Lyncéus

Il y a 10 ans un homme qui s’appelle Jean-Baptiste Marongiu, critique littéraire et réfugié italien des années de plomb a écrit :

« Le corps n’est plus l’incarnation irréductible de soi mais une construction personnelle, un objet transitoire et manipulable susceptible de maintes métamorphoses selon les désirs de l’individu, un corps à soi. Le corps contemporain est devenu une sorte de brouillon à reprendre en permanence en mains, à travailler, suivant d’ailleurs une idéologie très puritaine au sens où il faut le «mériter». En changeant son corps, l’individu cherche à changer son existence. A travers les innombrables ateliers de transformation du corps, que ce soient les marques corporelles, le culturisme, les régimes alimentaires, la chirurgie esthétique, les salons de beauté, etc., il faut « changer » son corps pour être à la hauteur. Aujourd’hui, le corps devient un objet de création, de design. »

Je souhaite travailler sur la notion de « Corps contemporain », quels sont les mouvements que le corps a subi pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. J’entends par « Corps contemporain » la notion de corps déformé par le BESOIN d’être adapté à l’environnement qui l’entoure , quelles sont les formes de pression de la société qui influent sur les transformations individuelles et collectives, quelles DEFORMATIONS apparaissent, quelles formes prennent elles. Je prends l’invitation du LYNCEUS festival de Binic et sa proposition de thème : « Faire corps » comme la possibilité de créer un espace où le corps humain pourrait décider de retourner en arrière, faire corps avec la nature, recréer les liens et les formes de sa position initiale, ou originelle. Je propose de travailler sur la forme d’une installation vidéo et photographique déambulatoire à l’intérieur d’une maison ou d’un espace désaffecté. Je prends Binic, ses habitants, ses paysages comme matière première pour créer mes photos et mes vidéos. « Binic et ses corps contemporains ».

Un film écrit et réalisé par François Hebert.

Réalisée en partenariat avec l’Ecole PI et le Jeune Théâtre-Laboratoire Européen.

Dans le port de Binic, il y a un bateau prêt à partir pour un grand voyage. On assiste à une cérémonie d’adieu. Deux hommes prennent la mer. Ils quittent volontairement la civilisation pour l’île d’Utopie – ainsi que la décrit Thomas More. C’est un départ vers la société idéale. Même si cette île est imaginaire, ne suffit-il pas d’y croire très fort pour la faire exister ? Si on rassemblait une communauté citoyenne autour de la possibilité d’une cité idéale, il se pourrait bien qu’elle se matérialise dans le réel. Après discours et feu d’artifice, les amarres sont larguées. Le bateau s’éloigne de la côte. Quelques liaisons radios nous permettent d’avoir quelques nouvelles des voyageurs affrontant la mer. La mer est calme, mais là-bas c’est la tempête dans les têtes. Surgit soudain sur l’océan le portrait de Thomas More naviguant vers sa destinée. D’un coup, le bateau disparaît.

Les départs dans les ports réunissent deux communautés : ceux qui partent et ceux qui restent. Une tension dramatique naît d’entre les deux. En mettant en scène ce départ imaginaire et pourtant bien réel, il s’agit pour nous de travailler dans cet espace-temps et dans cet imaginaire ancré profondément dans chaque port et dans chaque corps. Nous tentons de fendre le réel par l’imaginaire, d’ouvrir une fissure et de nous y engouffrer pleinement. Le réel en miette révélera alors qu’il n’est lui-même qu’un imaginaire adopté par tous.

L’élaboration de la performance sera participative. Le bateau qui nous servira de scène flottante sera restauré à Binic avec l’aide de bénévoles binicais. Le temps de cette restauration sera l’occasion de mener des conversations et entretiens nous permettant de définir une cartographie de la société idéale binicaise.

Une performance écrite et interprétée par Simon Gauchet et Arnaud Louski-Pane.

Il y a 10 ans un homme qui s’appelle Jean-Baptiste Marongiu, critique littéraire et réfugié italien des années de plomb a écrit :

« Le corps n’est plus l’incarnation irréductible de soi mais une construction personnelle, un objet transitoire et manipulable susceptible de maintes métamorphoses selon les désirs de l’individu, un corps à soi. Le corps contemporain est devenu une sorte de brouillon à reprendre en permanence en mains, à travailler, suivant d’ailleurs une idéologie très puritaine au sens où il faut le «mériter». En changeant son corps, l’individu cherche à changer son existence. A travers les innombrables ateliers de transformation du corps, que ce soient les marques corporelles, le culturisme, les régimes alimentaires, la chirurgie esthétique, les salons de beauté, etc., il faut « changer » son corps pour être à la hauteur. Aujourd’hui, le corps devient un objet de création, de design. »

Je souhaite travailler sur la notion de « Corps contemporain », quels sont les mouvements que le corps a subi pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. J’entends par « Corps contemporain » la notion de corps déformé par le BESOIN d’être adapté à l’environnement qui l’entoure , quelles sont les formes de pression de la société qui influent sur les transformations individuelles et collectives, quelles DEFORMATIONS apparaissent, quelles formes prennent elles. Je prends l’invitation du LYNCEUS festival de Binic et sa proposition de thème : « Faire corps » comme la possibilité de créer un espace où le corps humain pourrait décider de retourner en arrière, faire corps avec la nature, recréer les liens et les formes de sa position initiale, ou originelle. Je propose de travailler sur la forme d’une installation vidéo et photographique déambulatoire à l’intérieur d’une maison ou d’un espace désaffecté. Je prends Binic, ses habitants, ses paysages comme matière première pour créer mes photos et mes vidéos. « Binic et ses corps contemporains ».

Un film écrit et réalisé par François Hebert.

En haut de la plage, il y a une piscine qui se remplit avec la marée. Elle est et n’est pas la mer, selon la façon dont on veut la regarder. La vie des personnages qui viennent s’y baigner fonctionne sur le même principe: parfois ils rêvent qu’elle ait l’immensité de la mer, parfois ils la voient comme une piscine minable.

Tous les étés, pour gagnerde l’argent et tromper l’ennui, six jeunes Binicais (Matthieu et Matthieu, Fanny, Lorena, Antonin et Hélène) se livrent à des reconstructions historiques des aventures de pirates bretons. Ils jouent des enlèvements, des abordages, des meurtres, des évasions et des baisers hollywoodiens avant d’ôter leur perruque, de reprendre leur scooter et de rentrer chez leurs parents.

En réalité ils sont plutôt amers. Ils passent la belle saison à créer pour un monde parfait et folklorique qui ne reflète rien de leur réalité, une utopie en toc. Ils savent que quand vient l’hiver, tous les touristes oublient Binic et la petite Bretagne fantasmatique qui les a attirés jusque sur la côte le temps d’un été. Ils savent qu’ils pourraient mourir d’ennui dans la petite ville éteinte par l’hiver et que ça ne toucherait personne.

Matthieu, le maître-nageur qui à force d’entraînement a atteint la pureté suprême de l’art du plongeon (un art que personne ne reconnaît) et Fanny qui se grime en bigouden tout l’été pour distribuer des tracts pour la crêperie locale rêvent d’une autre vie. Cet été-là, dans la piscine de Binic, ils tentent de convaincre les autres de ramener la magie dans leur vie commune au lieu de se contenter d’en vendre les paillettes aux touristes.

«Passer par-dessus bord» est un spectacle qui mêle mon travail d’écriture à l’improvisation des comédiens. Il est donc en partie écrit en amont des temps de répétition, notamment en ce qui concerne les scènes «historiques» (la partie sur les pirates, la pièce dans la pièce). Les moments de vie des six jeunes Binicais sont en revanche laissés en chantier aux acteurs afin qu’ils puissent créer eux-mêmes leurs personnages. Ils sont libres de me faire parvenir des

textes ou des pistes d’écriture et recevront au printemps un texte à trous, une trame à compléter pendant les répétitions.

Le choix de la piscine sur la plage de Binic s’est imposé comme une évidence. Ainsi qu’il est expliqué en début de cette note d’intention, c’est un lieu dont la nature est double: à la fois fermé et ouvert, minuscule et immense, sauvage et domestiqué. C’est un lieu créé par l’homme mais soumis aux horaires des marées. Il nous a paru refléter les tensions qui nous intéressaient, parler du tiraillement entre un sentiment d’étouffement et un rêve d’ailleurs, entre le minable et le grandiose… Dans le rapport de la piscine à la mer (elle l’est, elle la représente et peut aussi la diminuer), je retrouve aussi le rapport de la scène de théâtre au monde, son pouvoir fascinant et ses ambiguïtés.

Alice Zeniter

Une proposition de Matthieu Gary, Fanny Sintès et Alice Zeniter.
Mise en scène d’Alice Zeniter
Avec Leslie Bouchet, Antonin Fadinard, Matthieu Gary, Mathieu Saccucci, Fanny Sintès, Lorena Zabrautanu

Une mise en scène réalisée par Lena Paugam à partir d’un texte de Lars Norén. Cette création a été l’objet d’un travail en résidence avec deux classes de secondes

générale au lycée Freyssinet. Elle est programmée dans le cadre du festival Pas-sages d’Itinéraires Bis les 19, 20 et 21 mai 2015. Ce spectacle est ensuite destiné à tourner dans des salles de théâtre où sera reproduit le dispositif de la salle de classe : les spectateurs, immergés dans l’espace de la fiction, se verront confrontés directement au texte et à ses enjeux.

Le 20 novembre 2006, dans la ville d’Emsdetten en Allemagne, Sebastian Bosse, âgé de 18 ans, pénètre dans son ancien collège ceinturé d’explosifs et muni d’une arme automatique. Il va alors faire feu sur ses anciens professeurs et sur les étudiants présents. 4 élèves et le concierge de l’établissement seront blessés par balles, tandis qu’une quinzaine de policiers et une quinzaine d’étudiants souffriront de troubles respiratoires sévères suite aux fumées dégagées par les bombes. Il est fait état officiellement de 37 blessés. Il n’y aura finalement aucun décès, excepté Sebastian qui se tirera une balle dans la bouche un peu plus d’une heure après son entrée dans l’école.

A partir des pages du journal intime du jeune homme, Lars Norén a composé «Förgänglighet» , monologue connu en France dans la traduction de Katrin Ahlgren sous le titre suivant : « Le 20 novembre » .

Texte : Lars Norén

Mise en scène : Lena Paugam

Avec Mathurin Voltz